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Impact de la température sur l'histoire de la vie.


Aujourd'hui, la distribution de la biodiversité dans l'espace et le temps est contrainte par de nombreux facteurs, parmi lesquels le climat joue un rôle majeur. A l'échelle globale, le gradient latitudinal des températures semble contrôler une grande partie de la structuration de la biodiversité aussi bien sur les continents que dans les océans (eaux de surface). A des échelles spatiales et temporelles plus fines, les effets de l'amplitude saisonnière des températures et la répartition des quantités de précipitations deviennent prépondérants. Ces variabilités climatiques ont une distribution hétérogène sur les masses continentales ; elles sont contraintes notamment par les trajectoires des masses d'air humide en relation avec la géographie (proximité des océans, orographie), et dans le domaine marin par le mouvement des masses d'eau et la distribution des continents. En outre, des changements significatifs des conditions environnementales perturbent régulièrement l'équilibre des écosystèmes. Ces changements peuvent être événementiels (conséquence d’éruptions volcaniques par exemple) ou plus réguliers, suivant des cycles astronomiques à différentes échelles de temps (décennies, millénaires, millions d'années), et d'amplitudes variées.

Selon leur histoire évolutive, les organismes vivants ont des capacités adaptatives et des tolérances variables face aux pertubations de leur environnement. Ils répondent différemment à ces changements soit en disparaissant, soit en s'adaptant, soit en migrant dans des environnements plus cléments. Traditionnellement, les études pré-quaternaires se concentrent sur l'effet des variations environnementales à long terme sur la biodiversité (résolution de l'étage géologique le plus souvent), celle-ci étant souvent considérée à des rangs taxonomiques élevés (genres, familles voir ordres). Des études réalisées par de chercheurs de l'UMR 5276 ont montré par exemple l'importance de la température des eaux marines de surface sur la diversité des poissons au Crétacé (Cavin et al., 2007) ou encore sur la colonisation du milieu marin par les crocodiliens au Mésozoïque et au Cénozoïque (Martin et al., 2014). 

Nous nous intéressons au cas du réchauffement climatique actuel qui est au centre des préoccupations écologiques, celui-ci se caractérise par des vitesses de changements détectables à l'échelle de la décennie, et la question que se posent nos dirigeants est de savoir quelle sera son impact sur le vivant à court et moyen terme, ce qui implique des échelles de temps de l'ordre de la centaine voire du millier d'années. A ces très courtes échelles de résolution temporelle, le niveau d'organisation biologique à considérer n'est plus celui de rangs taxonomiques élevés, mais celui des populations d'individus.